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L’opposition et la Société Civile toujours dans la léthargie

Bénin/Situation sociopolitique : L’opposition et la Société Civile toujours dans la léthargie

Tout  porte à croire que le Bénin ne dispose plus d’une véritable opposition politique et civile. Les dés semblent être déjà joués et que le boulevard des compétions électorales est laissé grandement ouvert aux actuels princes de la République.  Ceux-ci multiplient les actions de propagande sur le terrain sans avoir en face d’eux des adversaires et observateurs de taille capables de mener des campagnes d’information et de sensibilisation sur les maux qui entravent les valeurs démocratiques. Heureusement  que les citoyens ont, eux-mêmes, pris conscience de l’enjeu en se constituant psychologiquement en opposants au régime du Président Talon.

Par Dieudonné AWELE

Une opposition morbide. Une opposition moribonde. Ou encore une opposition dormante et inactive. Les éveilleurs et/ou objecteurs de conscience ne ratent aucune occasion pour qualifier la léthargie dans laquelle s’enlise ceux qui se réclament de l’opposition politique au Bénin. Sur les ondes et dans les médias sociaux, les observateurs n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme. Les politiques sensés d’occuper les places d’interventions en vue d’attirer davantage l’attention  des citoyens sur le désastre dans lequel s’enfonce le pays préfèrent jouer à la complaisance. En dehors des déclarations sporadiques pour juste dire que « tout va mal dans le pays » aucune action stratégique ne se développe  pour mieux prendre le contrôle de la situation.

Tout se passe  comme au bon vieux temps où c’est la Société Civile et la classe ouvrière qui font la politique des opposants à leur place. Ce temps semble être révolu  à l’ère de la ‘’Rupture’’ et du ‘’Nouveau Départ’’. Casés dans un coin visiblement contrôlé par l’Etat, les acteurs de la société civile ne sont presque plus présents  dans les débats qui défraient la chronique. La réactualisation du fichier électoral qui, devrait être une question préoccupante, au regard du nouveau code électoral qui met une fin à la délivrance de nouveaux cartes à tous les électeurs en âge de voter est reléguée en arrière-plan par les animateurs de la vie publique. Les conditions posées ne permettent pas aux citoyens qui ont égaré leurs cartes d’électeur d’aller les demander à nouveau. Une formalité  très lourde pour le citoyen ordinaire.  Pourtant dans un passé récemment, ou plus précisément avant l’instauration du régime actuel, on voyait une Société Civile très active intervenant dans les dossiers brulants du pays. Mais apparemment, cette composante de la société a perdu sa verge. On entend même certains parmi eux déclarer ouvertement leur soutien aux reformes, pourtant à polémique, entreprises par l’Exécutif. Dans l’opinion publique, c’est clair : les langues sont liées au profit du ventre. Il n’est donc plus question d’aboyer la caravane qui passe avec son cocktail d’atteinte aux principes démocratiques et aux valeurs constitutionnelles.

Au niveau de la classe ouvrière de l’administration publique, personne ne veut plus prendre le risque de dénoncer quoi que ce soit. Pour un oui ou un non, la loi du licenciement   votée les yeux fermés par les députés de la septième législature pourraient être appliquées sans aucune autre forme de procédure. Plusieurs agents de l’Etat accusés d’avoir osé dénoncer des pratiques peu orthodoxe dans la gestion des affaires publiques trainent encore les séquelles des sanctions qui leur ont été infligées. Inutile alors de prendre un risque qui entravera sa carrière politique. On se tait pour subir ou laisser couler silencieusement les injustices et les inégalités sociales. Près d’une vingtaine de taxe en moins de trois (03) ans et aucun sentiment de mécontentement visibles. Bon signe ou mauvais signe pour le pouvoir actuel ?  En tout cas, pour les populations, c’est dans les isoloirs que les appréciations seront bien faites.

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