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Environ 2 000 soldats syriens déployés en Libye, risque d’enlisement du conflit

Environ 2 000 soldats syriens déployés en Libye, risque d’enlisement du conflit

La crise en Libye prendra-t-elle à nouveau l’ascenseur ? Le très sérieux journal anglais The Guardian jette une lumière inédite sur les forces en présence sur le théâtre des opérations libyennes avec notamment un déploiement conséquent de combattants syriens parrainés par la Turquie.

Ni Ankara, ni Tripoli encore moins Damas n’ont fait état de soldats syriens en Libye. Car jusque-là, la Turquie qui soutient le gouvernement d’union nationale (GNA) – reconnu par la communauté internationale – a assuré n’avoir déployé que 35 soldats turcs à « titre consultatif ». La résultante d’un accord avec le GNA pour freiner les violents combats aux portes de Tripoli, déclenchés par une offensive du maréchal Haftar en avril dernier pour s’emparer de la capitale Tripoli.

Pourtant, selon The Guardian, Ankara n’a pas déployé que des soldats turcs. Il y aurait en plus plusieurs centaines de combattants syriens à avoir rejoint le conflit libyen, et des centaines d’autres sont en voie de déploiement. Dans le détail, il s’agit en réalité de forces rebelles qui ont tenté de déstabiliser le régime de Bachar Al-Assad depuis 2011, et que la Turquie a soutenu à bras-le-corps, du reste financièrement. Rassemblés au sein de l’Armée nationale syrienne, ces combattants compteraient dans leurs rangs des combattants islamistes aux idéologies diverses.

Le mois dernier, des vidéos virales sur les réseaux sociaux ont levé le voile sur la présence de combattants syriens en Libye. « L’Armée syrienne libre (entité mère des l’ANS, Ndlr) est en Libye pour défendre l’islam », déclarait un homme dans l’une de ces vidéos, consultées par The Guardian. Depuis, Ankara et Tripoli ont nié ces informations.

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Mercenaires de part et d’autre

En Libye, où ils ont commencé à être déployés dès le 24 décembre avec un contingent de 300 hommes, les combattants syriens ont signé des contrats de six mois directement avec le gouvernement d’union nationale, plutôt qu’avec l’armée turque, ont déclaré des sources de l’Armée nationale syrienne. Ils devraient recevoir un salaire de 2000 dollars par mois – une somme considérable par rapport aux 450 – 550 livres turques (entre 40 et 60 dollars) par mois gagnées en Syrie. C’est également à la Turquie que reviennent les frais médicaux liés aux soldats blessés et au rapatriement en Syrie des morts. À la fin de leur contrat, Ankara promet par ailleurs la nationalité turque aux combattants.

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Ces informations viennent illustrer une nouvelle fois l‘élargissement du conflit libyen à des puissances étrangères. Le GNA est soutenu par le Qatar, l’Italie et la Turquie, tandis que le maréchal Haftar est porté par les Émirats arabes unis, l’Egypte, la Jordanie, la France ou encore la Russie. Même si Moscou dément prendre partie dans le conflit, des informations ont souligné la présence de quelque 600 mercenaires russes. On évoque également le déploiement de 3 000 Soudanais à Benghazi pour combattre au côté du maréchal Haftar.

De l’avis des experts, cependant, l’utilisation de mercenaires plutôt que de soldats républicains par les puissances en conflit pourrait éviter, du moins pour l’heure, une opposition frontale entre ces pays. Toujours est-il qu’avec ces implications, le conflit libyen se transforme chaque jour en un labyrinthe dont l’issue de sortie reste difficile à saisir.

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